Depuis quelques années déjà, l’alimentation crue a le vent en poupe. Crudivores et frugivores vantent les mérites de leur régime alimentaire, parlant d’énergie décuplée, de santé retrouvée, etc. En face, certains détracteurs les attaquent avec virulence. Alors, le cru, ami ou ennemi ?

Et bien comme souvent en matière d’alimentation : il n’y a pas de réponse absolue ou de régime miracle. Introduire plus de cru dans son alimentation est évidemment très intéressant : les fruits et légumes crus (et frais) conservent l’essentiel de leurs vitamines, antioxydants et fibres, nutriments essentiels à une bonne santé.

Cependant, il y a quelques points importants à noter pour bénéficier au mieux de tous leurs atouts.

Fruits, cru et frileux

Acide citrique du citron, acide malique de la pomme ou encore acide tartrique du raisin, les fruits contiennent divers acides volatils, normalement éliminés par les poumons lors de la respiration. Cependant, les personnes ayant une stature fine et mince, les personnes frileuses, celles aux yeux clairs, et encore plus si vous êtes tout ceci à la fois, gèrent en général moins bien l’élimination des acides volatils.

Par conséquent, leur corps risque de puiser dans leurs réserves de minéraux alcalins (magnésium, calcium, etc) pour « tamponner » ces acides. Les fruits consommés en excès peuvent donc paradoxalement être déminéralisants et dévitalisants pour ces personnes.

Pour éviter ce risque, on conseille, si vous appartenez au tempérament concerné :
– de consommer les fruits plutôt en saison chaude qu’en saison froide
– de limiter la consommation des fruits les plus acides : citron, fruit de la passion, kiwi, cassis, groseille, pamplemousse, tomates…
– de consommer les fruits plutôt en fin d’après midi que le matin
– de choisir des fruits suffisamment mûrs, et de saison
– d’éviter de mélanger fruits doux et fruits acides.

Le cru : en dehors des repas

La digestion des fruits crus se fait normalement très rapidement. Cependant, consommés avec d’autres aliments, surtout glucidiques (féculents, pain, légumineuses), ils séjournent trop longtemps dans l’estomac et dans l’intestin et peuvent parfois être source de lourdeurs et ballonnements.

De plus, leur acidité limite l’action de la ptyaline, enzyme salivaire qui démarre le processus de digestion des glucides dans la bouche et l’oesophage. Les amidons sont donc moins bien digérés, tout le travail étant laissé à l’intestin (ce problème est présent aussi lorsqu’on ne prend pas suffisamment le temps de mâcher).

Il vaut mieux alors consommer les fruits crus à distance des repas. Mangez en en milieu de matinée, au goûter, ou à la limite 30 minutes à 1h avant un repas. Evitez de les consommer au dessert, ou alors sous forme de compote ou fruits cuits.
Cela est valable aussi pour les tomates, qui sont des fruits acides. Les consommer crues au même repas qu’un féculent peut rendre le tout très lourd à digérer. Au vu de leur acidité, le problème peut même parfois subister lorsqu’elles sont cuites, à voir selon votre sensibilité digestive personnelle.

fruit cru

Attention aux fibres

Non assimilables par notre système digestif, les fibres n’apportent donc aucune valeur nutritionnelle. Cependant, elles nous sont indispensables, car elles facilitent un bon transit, ralentissent l’absorption intestinale du sucre et du cholestérol, nous aident à manger moins en augmentant la sensation de satiété, aident à prévenir cancer du colon et troubles cardio-vasculaires…

Cependant, une personne aux intestins sensibles ou souffrant de SII (syndrôme de l’intestin irritable) peut avoir des problèmes de ballonnements, gaz, douleurs intestinales, etc lorsqu’ils consomment des fruits ou des crudités.
Les aliments très riches en fibres et consommés crus peuvent, en cas de SII, aussi bien aggraver les problèmes de diarrhée que de constipation.

Si vous remarquez que vous avez du mal à digérer ce type d’aliments, quelques conseils :
– consommer des crudités uniquement en saison chaude (fin de printemps-été)
– les intégrer en petites quantités dans une assiette contenant aussi des aliments cuits
– les consommer plutôt après le plat chaud qu’avant
– éventuellement, si vous aimez cela, faire de temps en temps des jus verts (avec plus de légumes que de fruits, et sans excès de légumes sucrés comme la carotte ou la betterave) pour bénéficier des nutriments des légumes rapidement et sans inconfort digestif. Mais ce n’est pas indispensable, juste un petit plaisir 🙂
– privilégier les légumes cuits en cuisson douce, et éventuellement mixés (purées, veloutés) pour un apport de fibres moins irritant pour l’intestin.
– si vous souffrez de SII, je vous renvoie pour plus d’informations vers une référence en la matière, la naturopathe Mély du Chaudron Pastel. Elle a par ailleurs écrit un livre sur le sujet que je vous recommande !

Voilà, j’espère que cet article vous aura été utile 🙂
Si vous avez des questions, avis ou témoignages, n’hésitez pas à commenter ou liker.
Par ailleurs, si vous souffrez de troubles digestifs et souhaitez des conseils plus personnalisés, n’hésitez pas à me contacter pour une consultation en naturopathie.

Je vous souhaite une très belle journée ensoleillée. De mon côté, j’ai la chance d’être en repos en ce jeudi et aussi de vivre dans le meilleur quartier de Lyon ^^, où se déroule un festival très sympa : Tous à la Guill. Lyonnais, lyonnaises, n’hésitez pas à y faire un tour ! Toute l’après-midi et jusqu’à minuit, dans tout le quartier Guillotière/Saxe/Jean Macé vous trouverez un grand nombre de concerts, expos et animations, le tout gratuit 🙂

 

One thought on “Parlons peu, parlons cru”

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