Les perturbateurs endocriniens, des amis qui ne te veulent pas du bien

 

Qu’est-ce que c’est ?

 

Les perturbateurs endocriniens (PE) sont des molécules chimiques qui ont une action sur le système hormonal d’un individu. En se fixant sur les récepteurs hormonaux présents dans nos organes, elles peuvent soit agir comme une hormone, soit bloquer l’action de certaines hormones.

Cela est particulièrement impactant car nos hormones agissent sur de très nombreux paramètres dans le corps : la croissance, la puberté et la fertilité, la régulation de la température du corps, la faim et la satiété, le niveau d’insuline, le sommeil, la libido, le rythme cardiaque, etc.

 

Qu’est-ce qu’ils nous font ?

 

Il y a actuellement un très grand nombre de ces molécules en circulation. Individuellement, elles sont généralement présentes en petites quantités, souvent en dessous du seuil de toxicité individuel. Cependant, il existe un effet dit “cocktail” : mélangées, leur toxicité peut être multipliée selon un facteur allant de 10 à 10000 ! (selon une étude de 2017 dans le Environmental Health Perspectives)

Or, les perturbateurs endocriniens sont partout. Il est donc important d’être prudent et de limiter notre exposition au maximum, particulièrement chez les femmes enceintes et en âge de procréer. En effet, la toxicité des PE peut avoir un impact sur 3 générations et causer des problèmes de développement des foetus ou même des interruptions de grossesse.

Ils peuvent aussi causer pèle mêle diverses malformations, troubles neurologiques, diminuer la fertilité, et en bloquant l’action de diverses hormones et neurotransmetteurs peuvent aussi dérégler l’humeur, le sommeil, le cycle menstruel, la thyroïde, la régulation du poids, etc.

Sur le long terme, ils sont aussi soupçonnés d’augmenter les risques de plusieurs cancers.

 

 

Dans ton environnement & ta maison

 

Où sont-ils ?

 

Les PE sont partout dans ton appartement ou ta maison, surtout si tout est récent ou neuf et si tu vis en ville :

  • dans les tapis, rideaux, tissus d’ameublement, etc, sont souvent présents des traitements anti-tâches et anti-feu qui contiennent CFP et PBDE,
  • dans les colles, laques, peintures et vernis utilisés sur les meubles type ik*a, dans les peintures murales,
  • dans tout ce qui est en plastique ou en PVC,
  • dans tous les composants des objets électroniques et informatiques,
  • dans l’air que l’on respire.

 

Limiter ton exposition

 

La poussière concentre les PE : aère bien toutes les pièces quotidiennement au moins 10 minutes et passe régulièrement un chiffon humide sur ton mobilier pour dépoussiérer.

Les COV prennent jusqu’à 5 ans pour être entièrement dispersés. Privilégie donc des meubles de seconde main, ou  des meubles en vrai bois de qualité et éthiques, sans COV (composés organiques volatils). Une blogueuse spécialisée sur ce sujet a créé son annuaire slow deco : https://www.mygreencocoon.com/annuaire-slow-deco-ecoresponsable/

Évite autant que possible tout ce qui est plastique, surtout ceux qui ont un code 1, 3, 6 et 7 (https://www.natura-sciences.com/sante/plastiques-toxicite-sante787.html).
En cuisine, préfère le verre, la céramique, l’inox, le bois… D’une manière générale, préfère des objets durables en matières naturelles.

Pour les objets électroniques, ce site vérifie et répertorie les pratiques des marques : https://epeat.sourcemap.com/

 

 

Dans ton alimentation

 

Où sont-ils ?

 

  • dans les plats tout faits, les aliments industriels, à la fois à cause des emballages (plastique, métal, aluminium) et des additifs,
  • dans les produits –fruits, légumes, céréales, etc- issus de l’agriculture conventionnelle, qui peuvent contenir des résidus de pesticides (pour rappel, la France est un des plus gros acheteurs de pesticides en Europe),
  • dans certains compléments alimentaires de mauvaise qualité (plantes non bio qui contiennent des pesticides, additifs problématiques…),
  • dans les casseroles anti-adhésives contenant du téflon. Si le revêtement s’abîme, il vaut mieux vraiment éviter de les utiliser,
  • dans les poissons les plus pollués, les viandes issues de certains pays qui autorisent l’utilisation d’hormones de croissance (Canada, US…), les viandes et produits laitiers provenant d’endroits pollués (= la pollution des sols se retrouve dans la graisse des animaux),
  • dans l’eau du robinet dans certaines régions (présence de pesticides, de résidus de pilules contraceptives…)

 

Limiter ton exposition

 

Privilégie des produits autant que possible bio, locaux et bruts et pour les animaux ceux élevés en plein air dans des petits élevages durables. Lave bien tes légumes et fruits juste avant consommation.

Quand tu achètes des produits transformés, regarde bien la liste des ingrédients pour éviter les additifs problématiques. Si tu achètes des aliments conservés dans du plastique, ne les réchauffe surtout pas dedans, même si en théorie l’emballage peut passer au micro-ondes. Plus la température est élevée, plus les plastiques seront relargués dans les aliments.

Filtrer l’eau permet de capter une partie de ce qu’elle contient. Tu peux par exemple utiliser des perles de céramique ou du charbon, en magasin bio, deux solutions économiques et intéressantes (même si elles ne filtrent pas tout). Évite l’eau en bouteille plastique et si tu en bois ne réutilise pas plusieurs fois les bouteilles (plus un plastique est usé plus il relargue). Pour amener une bouteille d’eau avec toi, tu peux choisir une gourde réutilisable (Qwetch est super par exemple).

 

dinette

 

Dans ton corps et sur ta peau

 

Où sont-ils ?

 

Le premier PE qui agit sur le corps est la pilule (et autres contraceptions hormonales), dont l’action hormonale est volontaire, contrairement à beaucoup d’autres.

Cependant, les substances présentes dans la pilule sont des molécules assez différentes des hormones qu’elles remplacent et elles provoquent parfois des désagréments que celles-ci ne provoquent pas. De plus, en étant évacuées dans les urines de millions de femmes, ces substances se retrouvent dans les cours d’eau et participent à une baisse de la fertilité des hommes… et des poissons !

Les PE sont aussi très nombreux dans les cosmétiques : parabens, triclosan, BHT, BHA, silicones, phenoxyethanol, phtalates, filtres UV chimiques, parfums

Enfin, attention aussi aux produits ménagers conventionnels, javel et autres produits classiques de supermarché.

 

Limiter ton exposition

 

Pour la contraception, les alternatives les plus classiques aux méthodes hormonales sont le DIU cuivre (retrouve mon témoignage sur le DIU cuivre ici) et une méthode naturelle, fiable mais qui demande de se former : la symptothermie.

En matière de cosmétiques, privilégie les labels bio les plus stricts : Nature & Progrès et Demeter ou choisis les produits labellisés Slow Cosmétique, dont la sélection est excellente. Quelques bonnes marques présentes dans tous les magasins bio, sinon : Weleda, laboratoire Gravier (Cosmo Naturel), Logona, dr Hauschka…
D’une manière générale, choisir une marque en magasin bio est une bonne garantie, même les produits les moins chers ont généralement une compo correcte.

Le mieux est d’apprendre à lire les compositions, ceci évite de pouvoir se faire manipuler par les nombreuses pratiques de greenwashing : présence de vert, de plantes, etc sur l’emballage et/ou utilisation du mot “nature” (sans rien de naturel dedans), spécification “sans” tel ingrédient ou “0%” de tel ingrédient (mais présence d’ingrédients bien pires), etc
Ce site est super pour des infos de qualité et décrypter les compos : https://laveritesurlescosmetiques.com/.

Pour les produits ménagers, on peut faire beaucoup de choses avec le vinaigre blanc, le bicarbonate, etc. Tu peux trouver des recettes et explications sur le site Le grand ménage, ici. Si tu n’as pas envie de t’embêter, on trouve aussi des produits tout prêts dans les magasins bio, et même de plus en plus souvent en vrac pour éviter de racheter régulièrement des flacons en plastique.

 

 

Voilà, j’espère que ces quelques conseils te permettront de limiter la présence des PE dans ta vie !
Il n’est pas possible aujourd’hui de totalement les éviter, mais en adoptant un mode de vie plus sain on a tout de même pas mal d’axes d’amélioration 🙂

 

 

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